L'obstacle du coût

Comment trouver la meilleure stratégie financière

Guide pratique pour financer la cryoconservation de manière économique et fiable : l'assurance vie temporaire lorsqu'on est jeune, la « lacune post-temporaire » et comment choisir entre assurance vie temporaire, assurance vie entière, fiducies et paiement anticipé, en fonction de l'âge et de la situation.

La plupart des gens prennent connaissance du prix de la cryoconservation du corps entier, soit environ 200 000 euros, et paient sans broncher. C'est une mauvaise réaction, qui découle d'une erreur de catégorie. On ne vous demande pas de disposer de 200 000 euros. On vous demande de faire en sorte que cette somme soit disponible au moment, encore inconnu, où vous en aurez besoin, ce qui est un problème tout à fait différent et bien moins coûteux. Presque personne ne finance sa cryoconservation à partir de ses économies. Les gens la financent de la même manière qu’ils remboursent un crédit immobilier qu’ils ne pourraient jamais payer comptant : à l’aide d’un instrument financier conçu pour transformer un coût mensuel modeste et prévisible en un versement unique important, effectué exactement au moment opportun.

Pour la plupart des gens, cet outil, c'est l'assurance-vie, et le choix financier le plus judicieux consiste avant tout à déterminer quel type de contrat souscrire et à quel moment. Le facteur le plus déterminant n'est pas le choix de la compagnie d'assurance ni la structure financière la plus ingénieuse. C'est votre âge au moment de la souscription. Tout ce qui suit découle de ce seul fait.

Une tirelire sympathique contenant quelques pièces empilées et une petite grille de calendrier vierge, symbolisant de petites économies régulières commencées dès le plus jeune âge
Une petite cotisation mensuelle, souscrite dès le plus jeune âge, se transforme en une importante somme versée au moment opportun.

Commencez dès le plus jeune âge, car tout est une question de temps

Le prix d'une assurance-vie est fixé en fonction du risque, et celui-ci augmente avec l'âge ; par conséquent, plus vous attendez, plus le coût d'une même couverture grimpe en flèche. Une personne de 25 ans en bonne santé peut souvent souscrire une assurance vie à capitalisation pour environ 20 à 30 euros par mois. La même couverture souscrite à 45 ans peut coûter 65 euros par mois, voire plus, et un diagnostic grave entre-temps peut la rendre inassurable, quel que soit le prix. Il ne s'agit pas d'une tactique commerciale ; c'est simplement ainsi que fonctionnent les tables actuarielles. La prime que vous fixez dès le départ est celle que vous conserverez.

C’est là la conséquence concrète du coût de l’attente. Chaque année que vous perdez a deux effets simultanés : elle fait grimper le prix de la couverture et réduit la période pendant laquelle vous êtes encore en assez bonne santé pour bénéficier d’une assurance à moindre coût. Attendre semble ne rien coûter, car il ne se passe rien. C’est pourtant l’une des choses les plus coûteuses que vous puissiez faire, et la facture arrive plus tard, d’un seul coup. Si vous ne devez retenir qu’une seule chose de cet article, que ce soit celle-ci : la décision financière la plus judicieuse pour la plupart des gens est de commencer dès maintenant plutôt que d’attendre que la situation devienne urgente, car lorsque l’urgence se fera sentir, les options abordables auront peut-être déjà disparu.

Assurance vie temporaire : la solution la moins chère pour commencer

Pour la grande majorité des personnes qui souscrivent un contrat dès leur plus jeune âge, l’assurance vie temporaire est la solution par défaut la plus adaptée. Elle vous couvre pendant une durée déterminée, généralement de 10, 20 ou 30 ans, en échange d’une prime aussi basse que possible. Vous désignez votre prestataire de cryogénisation, ou une fiducie qui le finance, comme bénéficiaire, afin que le capital soit versé là où il doit l’être plutôt que dans une succession contestée. Le principe est simple : une petite cotisation mensuelle vous permet de bénéficier d’une somme garantie importante, payable précisément au moment où vous en aurez besoin.

L'assurance vie temporaire présente un inconvénient bien connu, et vous devriez vous y préparer plutôt que de vous laisser surprendre. Elle arrive à échéance. Si votre contrat prend fin et que vous êtes toujours en vie – ce que tout le monde espère –, la couverture prend fin et son renouvellement à un âge plus avancé revient beaucoup plus cher. Cette lacune n'est pas une raison pour éviter l'assurance vie temporaire. C'est une raison pour prévoir un plan pour la seconde moitié de votre vie, ce qui constitue la prochaine décision à prendre.

Combler le fossé lié aux grossesses prolongées

Il existe plusieurs solutions sérieuses pour assurer la couverture des années suivant l'expiration d'une assurance temporaire, et le choix de la solution la plus adaptée dépend de votre rigueur et de votre situation financière.

  • Assurance vie entière. Contrairement à l'assurance vie temporaire, une assurance vie entière n'expire pas ; elle vous couvre tout au long de votre vie et génère une valeur de rachat. Les primes sont plusieurs fois plus élevées pour une couverture identique, ce qui correspond au coût de cette permanence. Une stratégie courante consiste à souscrire une assurance vie temporaire peu coûteuse tant que l'on est jeune, puis à la convertir en assurance vie entière ou à y ajouter une telle couverture plus tard, lorsque les revenus sont plus élevés et que la permanence revêt davantage d'importance.
  • Investissez la différence. Si vous êtes un épargnant discipliné, vous pouvez souscrire une assurance temporaire à faible coût et investir la différence entre la prime de cette assurance et celle d'une assurance vie entière, dans le but de financer vous-même le capital versé à l'échéance de l'assurance temporaire. Mathématiquement, cette stratégie peut s'avérer avantageuse, mais elle repose entièrement sur le fait d'investir effectivement cette différence pendant des décennies, ce que la plupart des gens ne font pas.
  • Paiement anticipé ou fiducie. Si vous disposez déjà du capital nécessaire, vous pouvez effectuer un paiement anticipé ou placer des fonds dans une fiducie destinée à la préservation du patrimoine. Cette solution élimine le recours à l'assurance, mais immobilise des fonds et soulève des questions quant à la manière dont la valeur est préservée après le décès légal.

Choisissez l'instrument adapté à votre situation

Il n’existe pas de solution universellement optimale, mais seulement celle la mieux adaptée à votre âge, à votre état de santé, à vos revenus et à votre tempérament. Voici un guide de décision approximatif : si vous êtes jeune et en bonne santé, souscrivez dès maintenant une assurance temporaire et décidez plus tard de la solution de transition. Si vous êtes d’âge mûr et que vous en avez les moyens, comparez l’assurance vie entière, pour sa pérennité, à l’assurance temporaire combinée à un placement, pour son coût moindre. Si vous souffrez d’un problème de santé qui rend l’assurance coûteuse, voire impossible, explorez d’autres méthodes de financement et les possibilités de paiement anticipé, et contactez le prestataire dès que possible plutôt que de partir du principe que la porte est fermée. Et si c’est le coût plutôt que la structure qui constitue un obstacle, sachez que l’adhésion en elle-même donne droit à des tarifs réduits pour les étudiants et les personnes à faibles revenus; les frais récurrents ne doivent donc pas nécessairement être un frein.

Quel que soit votre choix, la prochaine étape concrète est la même : mettez en place le mode de financement et désignez le bon bénéficiaire, car un projet qui n’existe que dans votre tête ne finance rien. Les modalités d’assurance varient selon les pays et les assureurs ; veillez donc à vérifier les chiffres correspondant à votre situation personnelle plutôt que de prendre un chiffre isolé pour parole d’évangile.

La meilleure stratégie financière consiste rarement à trouver davantage d'argent ; il s'agit plutôt de commencer tôt et de transformer une petite cotisation mensuelle en une somme importante, perçue au moment opportun, avant que l'âge ou la maladie ne rendent cette option moins abordable.

L'argent est l'aspect de la biostase qui freine le plus souvent les gens, et c'est pourtant celui pour lequel il existe une solution simple et bien connue. La science de la préservation est véritablement complexe. Le financement, quant à lui, est un problème résolu que la plupart des gens ne prennent tout simplement jamais le temps de résoudre. S'y attaquer dès le début est la décision financière la plus judicieuse que vous puissiez prendre.

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