C'est l'une des prĂ©occupations les plus courantes que l'on nous fait part. Vous souhaitez recourir Ă la cryoconservation, mais votre partenaire trouve cela Ă©trange, vos parents estiment que c'est un gaspillage d'argent et vos frĂšres et sĆurs ne comprennent pas votre choix. La perspective d'un tel conflit dissuade beaucoup de personnes de franchir le pas.
Ce n'est pas une fatalitĂ©. L'opposition de la famille est bien rĂ©elle, mais on peut presque toujours y remĂ©dier, et dans les rares cas oĂč ce n'est pas possible, cela ne doit pas pour autant dĂ©terminer votre avenir. Voici ce qui a tendance Ă aider dans la pratique.
Commencez par expliquer pourquoi c'est important pour vous
Ne commencez pas par les aspects scientifiques et nâessayez pas de convaincre qui que ce soit que la rĂ©surrection fonctionnera Ă coup sĂ»r. Commencez par expliquer pourquoi cette question vous tient personnellement Ă cĆur. « Je ne suis pas prĂȘt Ă voir tout ce que je suis prendre fin » est bien plus convaincant que de se lancer dans des explications sur la chimie de la vitrification.
Les gens s'identifient plus facilement Ă des raisons personnelles qu'Ă des possibilitĂ©s abstraites. Aidez vos proches Ă comprendre que cela compte pour vous, mĂȘme s'ils ne partagent pas entiĂšrement votre raisonnement. Vous ne leur demandez pas d'ĂȘtre d'accord. Vous leur demandez de comprendre.

Répondre à leurs préoccupations réelles
Essayez de comprendre ce qui les prĂ©occupe vraiment. Souvent, ce nâest pas la cryoconservation en soi. En rĂ©alitĂ©, leur inquiĂ©tude porte gĂ©nĂ©ralement sur lâun des trois aspects suivants :
- L'argent : est-ce que cela prive la famille de ressources ?
- Le regard des autres : que vont penser les gens ?
- Un sentiment de rejet : le fait de vouloir plus de temps signifie-t-il que vous n'ĂȘtes pas heureux actuellement ?
Ă chacune de ces questions, il existe une rĂ©ponse sereine et honnĂȘte. Sâil sâagit dâune question dâargent, prĂ©sentez-leur le montage financier : la plupart des adhĂ©rents financent la prĂ©servation grĂące Ă une assurance-vie qui verse le capital au dĂ©cĂšs, ce qui Ă©vite de puiser dans les ressources familiales aujourdâhui.1 Sâil sâagit dâun jugement social, reconnaissez que oui, câest inhabituel, mais que cela reste votre choix. Sâils pensent que vous ĂȘtes malheureux, rassurez-les en leur expliquant quâil ne sâagit pas de fuir quoi que ce soit, mais de vouloir davantage de ce Ă quoi vous accordez dĂ©jĂ de la valeur.
Vous n'ĂȘtes pas tenu(e) d'obtenir l'accord de votre famille pour prendre vos propres dĂ©cisions mĂ©dicales.
Donnez-leur du temps
Certains membres de la famille ne seront jamais enthousiastes, mais ils passent souvent dâun « hors de question » Ă un « je ne comprends pas, mais dâaccord ». Ce changement prend du temps. Ne vous attendez pas Ă une acceptation immĂ©diate. Semez la graine, laissez-leur le temps dây rĂ©flĂ©chir, puis revenez-y plus tard.
Parfois, les gens ont besoin de voir que vous ĂȘtes sĂ©rieux et que ce n'est pas juste une phase passagĂšre. Lorsqu'ils se rendent compte que vous faites preuve de constance dans ce domaine depuis des mois, voire des annĂ©es, ils ont tendance Ă se montrer plus conciliants.
Invitez-les Ă en savoir plus
Suggérez-leur de visiter l'établissement, de lire quelques articles ou d'échanger avec d'autres membres. Le fait d'en entendre parler par une personne extérieure à leur famille renforce souvent leur sentiment de crédibilité. La visite de l'établissement, en particulier, a tendance à changer leur point de vue : le fait de voir concrÚtement les installations permet de ne plus considérer cela comme un « truc bizarre sur Internet », mais plutÎt comme un véritable service médical.
En fin de compte, c'est Ă vous de choisir
En fin de compte, il s'agit de votre vie et de votre mort. C'est votre conscience qui sera soit préservée, soit anéantie. Le fait que votre famille soit à l'aise avec vos choix a son importance, mais cela ne l'emporte pas sur votre droit de les faire.
Beaucoup de nos adhĂ©rents ont dĂ» faire face au scepticisme ou Ă l'opposition de leur famille lorsqu'ils se sont inscrits. Certaines familles ont fini par changer d'avis. D'autres non. Mais ces adhĂ©rents ne regrettent pas d'avoir pris des dispositions pour la prĂ©servation. Ils auraient regrettĂ© de laisser l'opposition de leur famille les empĂȘcher de faire quelque chose qu'ils souhaitaient sincĂšrement.
Il s'agit d'une décision rationnelle et personnelle concernant votre propre avenir. Prenez-la en fonction de vos valeurs, et non pour rassurer quelqu'un d'autre. Essayez d'obtenir le soutien de votre famille si vous le pouvez. Mais en fin de compte, ce choix vous appartient.
Références
- Tomorrow.bio, « Modes de financement gĂ©nĂ©raux ». Voir le chapitre 2.1, « Ăconomie de la biostase », pour une prĂ©sentation dĂ©taillĂ©e du financement par le biais de l'assurance.
