Commençons par constater, même si cela peut paraître dérangeant, que le chiffre « 200 000 euros » ne vous apprend pratiquement rien en soi. Un chiffre aussi élevé suscite deux réactions tout aussi simplistes : soit c’est une arnaque, soit c’est le prix normal d’un produit exotique. Ces deux réactions éludent la seule question qui vaille la peine d’être posée, à savoir où va réellement cet argent. Examinons donc la facture ligne par ligne, car la réponse est banale, précise et, curieusement, rassurante.
Chez Tomorrow.bio coût total d'une cryoconservation du corps entier s'élève à 200 000 euros. Ce montant ne correspond pas à une simple majoration sur un service de base. Il couvre trois éléments véritablement coûteux, qui doivent tous fonctionner du premier coup, sans seconde chance, car le patient n'aura pas droit à une deuxième tentative.

Vous faites appel à une équipe médicale disponible 24 heures sur 24
Le premier coût, et le moins visible, est celui de la disponibilité opérationnelle. La mort ne s’annonce pas à l’avance ; une standby doit donc être mobilisable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, prête à intervenir dès le moment du décès légal en procédant à un refroidissement rapide, à une assistance cardiopulmonaire et à une stabilisation pharmacologique précoce. Ce volet coûte environ 30 000 à 100 000 euros, et cette fourchette est large pour une raison bien légitime : un décès anticipé à proximité d’une standby coûte bien moins cher qu’un décès soudain survenant loin de là. Vous payez pour qu’une équipe soit prête à intervenir spécifiquement pour vous, qu’elle soit ou non appelée à intervenir.
Si cela revêt une telle importance, c’est en raison de la course contre la dégradation cellulaire. Le cerveau commence à se dégrader dès que le cœur s’arrête ; l’intérêt de standby se mesure donc en minutes gagnées. C’est également la raison pour laquelle le « prix au moment du décès » est structuré de cette manière, et pourquoi l’ischémie est l’ennemi que l’ensemble du protocole vise à devancer.
Le patient doit se rendre physiquement en Suisse
Le deuxième poste de coût concerne la logistique, qui s'élève approximativement à 30 000 à 80 000 euros. Le patient et l'équipe médicale doivent se rendre, éventuellement en franchissant des frontières nationales, dans des conditions contrôlées, jusqu'au centre de conservation. Le patient et l’équipe médicale doivent se rendre, éventuellement au-delà des frontières nationales, dans des conditions contrôlées, jusqu’à un centre spécialement conçu à cet effet à Rafz, en Suisse, géré par la European Biostasis Foundation, l’organisme indépendant à but non lucratif qui assure le stockage à long terme. Tomorrow.bio cette opération grâce à standby basées à Berlin et à Amsterdam, ainsi qu’à une ambulance de biostase immatriculée comme véhicule funéraire, précisément pour pouvoir franchir les frontières de l’UE sans être arrêtée à chaque poste de contrôle. Les formalités administratives et le transport ne sont pas ici des détails mineurs ; dans le cas d’un décès transfrontalier, ils peuvent constituer la partie la plus difficile de toute l’opération.
Le stockage, c'est une facture qui ne cesse d'arriver
Le troisième coût est le plus difficile à évaluer, car il ne s'agit pas d'acheter un service qui prend fin. Après la vitrification et le refroidissement à des températures cryogéniques, le patient doit être conservé indéfiniment à -196 °C, dans des conditions sécurisées. Il faut faire l'appoint d'azote liquide, entretenir les installations et surveiller les dewars. Ce poste de dépense s'élève à environ 40 000 à 120 000 euros, et c'est la partie qui doit fonctionner pendant des décennies, voire des siècles.
C'est sur ce dernier point que l'aspect économique devient intéressant. Vous ne payez pas de facture de stockage chaque année, indéfiniment. Une fois le financement de la conservation mis en place, les fonds sont gérés de manière à ce que l’état de conservation puisse être maintenu pratiquement indéfiniment : le fonds de maintenance est investi de manière prudente, et les rendements couvrent l’entretien à long terme. En d’autres termes, l’organisation doit être conçue pour survivre à tous ses membres, ce qui explique pourquoi une question telle que « que se passe-t-il si le prestataire fait faillite ? » reçoit une véritable réponse plutôt qu’un simple haussement d’épaules.
Pourquoi cela ne peut-il pas simplement être moins cher ?
Si l'on fait le calcul, ces 200 000 euros ne ressemblent plus à un supplément de luxe, mais apparaissent pour ce qu'ils sont réellement : une équipe médicale disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, une opération de transport international et une dotation de stockage à vie, le tout financé par un versement unique. Le prix n’est pas élevé parce que le secteur est cupide. Il est élevé parce que chacun de ces postes doit être payé intégralement, à l’avance, pour un résultat qui ne sera peut-être pas vérifié avant une centaine d’années. Les montants minimaux sont précisés dans la politique relative aux montants minimaux de financement de la cryoconservation.
Et voici ce qui permet de surmonter le choc lié au montant : presque personne ne paie cette somme à partir de son épargne. La cotisation s'élève à 50 euros par mois, et la plupart des gens financent les frais de conservation par le biais d'une assurance-vie temporaire, d'un contrat existant, de leur épargne ou d'un autre moyen de financement. Le montant total est certes élevé, mais il est structuré de manière à être supporté par une petite cotisation mensuelle.
Ce prix n'est pas une simple majoration. Il s'agit du coût réel d'une équipe médicale permanente, d'un déménagement international et d'un espace de stockage conçu pour perdurer bien au-delà de la vie de tous ceux qui l'ont mis en place.
